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3 avril 2017 1 03 /04 /avril /2017 12:45
Session Maristes en Éducation 2017

La session de La Neylière préparée par Maristes en éducation autour du thème  'Vocation et orientation' a réuni cette année environ une centaine de personnes dont le Père Provincial, et deux collègues irlandais intéressés par cet animation préparée par notre association publique de fidèles dans le cadre de l’animation du service de la tutelle.

Nous avions fait appel à Isabelle Parmentier, ancien professeur d’allemand et professeur de théologie pour conduire cette réflexion et la nourrir.

Le thème de notre session est né d’un sentiment de crise du métier d’enseignant dans des établissements de notre réseau.

Ils avaient choisi leur métier d’enseignant comme on choisit une vocation. Que remettent-ils en question en renonçant à qualifier leur métier de métier « vocationnel » ? Ne serait-ce pas plutôt une question de lien social qui s’exprime là, la reconnaissance reposant, comme l’écrit Paul Ricoeur, sur « une sorte de bienveillance liée à la similitude d’homme à homme dans la grande famille humaine ».

Du côté des élèves, notre souci d’efficacité nous conduit à parler davantage d’orientation sans que la dimension de la vocation de chacun ne nous effleure l’esprit. Et d’ailleurs, est-ce vraiment le rôle de l’école d’introduire dans les questions d’orientation, la question de la vocation de l’élève ? L’orientation repose sur un déterminisme (de niveau, de compétence, de marché du travail) qui conduit à un métier correspondant à ce déterminisme ; la vocation repose sur une aspiration personnelle, une espérance d’épanouissement spirituel, un rapport aux valeurs qui vont bien au-delà d’un « métier », d’une « profession », même si dans ce cas il est choisi et ne s’impose pas, pour reprendre les catégories de Max Weber.

Le terme « vocation » a pour origine latine le verbe « vocare » qui signifie appeler.

Or entendre un appel dans le monde bruyant et éphémère dans lequel nous vivons devient compliqué.

Ce monde nous appelle au mouvement ; or, se sentir appelé n’est-ce pas figer nos vies dans un choix immuable alors que tout bouge autour de nous ?

Le choix d’un état de vie ou d’un métier s’inscrit dans le long terme alors que bien des témoignages pourraient illustrer la propension au court terme, à « changer de vie » ; alors à fortiori, lorsqu’il s’agit d’un métier.

Et si vocation il y a, cela signifie-t-il que nous sommes encore libres de décider?

Isabelle Parmentier a repris quelques attitudes maristes comme « Voir grand » en constatant que si on se limite à la question de l’orientation, on ne peut pas voir grand pour l’élève.

Plutôt que d’orienter, il est essentiel d’aider l’élève à formuler un projet de vie où l’utopie ne doit pas être absente et à privilégier l’espérance à l’espoir. L’espoir a-t-elle souligné, répond à un besoin une fois ce besoin assouvi, il n’y a plus d’espoir. L’espérance quant à elle c’est ce qui rend l’impossible possible, l’imprévisible possible. Reprenant le triangle éthique de Paul Ricœur, elle a notamment souligné que le regard positif de l’autre est fondamental pour permettre la construction de l’estime de soi.

Elle nous a donné comme grille de lecture, toujours à partir de Ricœur, les quatre mots vocation, provocation, convocation, invocation :

Tout élève (comme chacun) a vocation au bonheur.

Les provocations : ce sont tous les faits qui conduisent à sortir de soi.

La convocation, c’est finalement être bien là où l’on se doit d’être.

L’invocation : le lieu du discernement de ma vocation.

Elle nous a invités à aider nos élèves à répondre à la question « pourquoi… » non pas par un « parce que… » mais par un « pour ». « Pourquoi choisis-tu ce métier ? Pour.. ».

Nous pourrions avec elle conclure par cette citation de Sartre que l’essentiel n’est sans doute pas ce que la vie fait de moi mais « ce que je fais de ce que la vie a fait de moi ».

Les échanges entre les participants ont révélé combien nos communautés sont riches de femmes et d’hommes désireux de mettre au cœur de leur métier la question du sens de leur travail pour un meilleur accompagnement de l’élève.

Cette session a été également l’occasion de dire au revoir à Bruno Chanel qui quittera ses fonctions de délégué à la tutelle à la fin de cette année scolaire et de présenter aux présents son successeur : Vincent Langlois. Bruno a fortement contribué à permettre à Maristes en éducation de répondre à sa vocation. Qu’il en soit remercié.

Merci à l’OSEME d’avoir animé la soirée du vendredi et à la maison de La Neylière pour son accueil.

Marie Portelli

Session Maristes en Éducation 2017
Session Maristes en Éducation 2017Session Maristes en Éducation 2017
Session Maristes en Éducation 2017

The La Neylière session organised by Maristes en éducation on the theme "Vocation and guidance" this year brought together about a hundred participants, including the Provincial superior and two Irish colleagues who were interested in this activity put on by our association of the Christian faithful within the context of the trusteeship service.

We called upon Isabelle Parmentier, formerly a German teacher and now a theologian, to lead this reflection and to enrich it.

The theme for our session was born out of a perceived sense of crisis around the idea of teaching as a career in the schools in our network.

They had chosen their career as teachers as a vocation. What are they calling into question by no longer referring to their career as a 'vocation'? Is it perhaps a social bond that is being expressed, the appreciation of which, as Paul Ricoeur has put it, is based on "a sort of benevolence linked to the similarity of man to man in the great human family."? 

As far as our students are concerned, our desire to be effective leads us to talk of guidance, without the notion of vocation coming into it. And in any case, is it really the role of the school to introduce into matters of guidance, the question of the students' vocation? Guidance is founded on a certain determinism (level, competency, labour market) which leads to a career corresponding to this determinism; vocation, on the other hand, is based upon personal aspiration, the hope of spiritual fulfilment, a relationship with values that go way beyond a "career" or a "profession", even if the latter is chosen rather than imposed, to quote Max Weber.

The origin of the term 'vocation' is the latin verb 'vocare', meaning to call.

Hearing a call in this noisy and ephemeral world is perhaps not so simple.

This world calls us to move; but, to feel that we have been called, isn't that to fix our lives in an immutable choice whilst everything around us is changing?

The choice of a way of life or of a career is made for the long term, whereas many an example illustrates the tendancy to short-termism, to "changing one's life"; all the more so when it's a question of one's career.

And if there really is a vocation, does that mean we are free to decide?

Isabelle Parmentier quoted a number of Marist attitudes such as "Think big" and pointed out that, if we limit ourselves to the question of guidance, we cannot 'think big' for our students.

Rather than guiding, it is essential to help students to formulate a lifelong project from which the ideal is not excluded and to prioritise hope over expectation. She underlined the fact that, once expectation has been met, there is no longer expectation. Whereas hope can make possible both the impossible and the unforeseeable. Quoting Paul Ricœur's 'ethical triangle', she pointed out that a positive view from others is vital for one's own self-esteem.

She gave us as a starting point, once again based upon Ricœur, the four words vocation, provocation, convocation, invocation:

Every student (as indeed everyone) has the vocation to be happy.

Provocation: everything that takes us out of ourselves.

Convocation is ultimately being where we need to be.

Invocation: the place for the discernment of my vocation.

She invited us to help our students to answer the question "Why..." not with a "because..." but with an "In order to". "Why are you choosing this career?" "In order to...".

We could go along with her in concluding, as Sartre put it, that the most important thing is not what life has done to us, but rather "what we make of what life has done to us".

The discussions that took place showed just how blessed our school communities are with women and men who want to put at the heart of everything they do the question of the meaning of their work in order to provide better support for students.

This session was also an opportunity to say farewell to Bruno Chanel who will retire from his post as délégué de tutelle at the end of this academic year and to introduce to those present his successor, Vincent Langlois. Many thanks to Bruno has made a major contribution to the work of Maristes en éducation

Thank you to the OSEME for the entertainment on Friday evening and to La Neylière for its welcome.

Marie Portelli

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